Vérone est considérée comme la ville de l’amour. Maintenant, elle veut aussi être la ville de la vie. Les anti-avortement ont un vent arrière particulièrement fort ici. Les militants des droits des femmes sont consternés. La politique ultra-conservatrice de l’Italie en matière d’avortement a déjà été réprimandée à plusieurs reprises par le Conseil de l’Europe.

Les fondamentalistes anti-avortement à Vérone

Depuis son bureau à la mairie, surveille chaque jour la ville, qui attire chaque année des millions de touristes à Vérone. Des nuages de couleur rose passent au-dessus de l’amphithéâtre romain antique. Mais à l’heure actuelle, la ville de Roméo et Juliette se présente sous un jour loin d’être romantique. Depuis que le conseil municipal a approuvé une demande visant à promouvoir des initiatives contre l’avortement, Vérone se considère comme une ville de vie. Les critiques y voient un retour au Moyen Âge. Ceux qui croient que Vérone est devenue un lieu d’intolérance ou que les femmes qui choisissent d’avorter sont stigmatisées se trompent. On veut aider les mères à faire un choix éclairé sur la décision d’avoir ou non un bébé. À l’occasion du 40e anniversaire de la légalisation de l’avortement en Italie, le conseil municipal a adopté une résolution qui rendra encore plus difficile la pratique de l’avortement, du moins à Vérone, du point de vue des organisations de défense des droits des femmes. En Italie, qui est majoritairement catholique, l’avortement est de toute façon un tabou ; selon le ministère italien de la santé, c’est l’un des pays occidentaux où le taux d’avortement est le plus faible. Environ 70 % des gynécologues refusent les avortements pour des raisons morales ou professionnelles. En Italie, les femmes peuvent avorter jusqu’au 90e jour de la grossesse après une consultation. Un avortement ultérieur n’est possible que si la vie de la future mère est menacée ou si le fœtus présente de graves difformités. La loi permet également aux médecins de refuser des avortements pour des raisons religieuses ou éthiques. En Allemagne, où l’avortement est autorisé dans les douze premières semaines suivant la fécondation et également seulement après une consultation, il y a toujours des débats passionnés sur l’avortement. Récemment, des demandes pour une nouvelle réglementation de l’interdiction de la publicité sur les avortements ont été formulées. Une femme médecin a été condamnée à une amende pour avoir fait de la publicité pour des avortements interdits par le paragraphe 219a.

Vérone est-elle sur le chemin du retour au Moyen-Âge ?

Le Conseil de l’Europe a déjà réprimandé l’Italie à plusieurs reprises parce qu’il a vu le droit de la femme à l’avortement mis en danger. En Italie, il est impossible pour de nombreuses femmes de trouver un médecin ou un hôpital qui leur permette d’avoir un avortement légal, alors qu’elles y ont droit, indique un rapport du Conseil. Pour la même raison, le Comité des droits de l’homme des Nations unies a demandé l’année dernière au gouvernement italien de prendre des mesures urgentes pour garantir le droit à un avortement légal. À Vérone, les féministes ont protesté et se sont installées à l’hôtel de ville habillées en bonnes. Ils ont touché un point sensible chez beaucoup, faisant allusion à la série télévisée qui brosse un tableau de l’avenir dans lequel les femmes ne sont que des esclaves en âge de procréer. Il semble qu’ils soient retournés au Moyen-Âge à Vérone.