La plage est la scène des Brésiliens. Voir et être vu. À Rio de Janeiro, en particulier, il existe un culte du corps – et pas seulement à cause des Jeux olympiques. Cela crée une pression : c’est pourquoi les hommes vont de plus en plus souvent chez le chirurgien plastique. Une visite de la salle d’opération. Mozart doit être joué quand un chirurgien commence à ouvrir le nez. Une infirmière pousse la petite stéréo pour jouer un concerto pour piano. Sur le support de perfusion sont accrochées des photos du de la personne à opérer, qui est maintenant profondément endormi sur la table d’opération de l’exquise clinique privée. Sur les photos, le nez a une petite bosse. Ce sera une chose du passé 45 minutes plus tard. D’ailleurs, il existe plusieurs cliniques émérites au Brésil. Le nombre d’hommes qui souhaitent recourir à la chirurgie plastique en Brésil est en augmentation depuis des années. En effet, le Brésil est maintenant un des leaders mondiaux en matière de procédures chirurgicales. Environ 276 000 hommes auraient subi une telle opération en 2014, contre seulement 72 000 il y a cinq ans. Il n’y a pas encore de chiffres définitifs pour 2015, mais la tendance est ininterrompue, selon les dires du président de l’Association des chirurgiens plasticiens de Rio.

Une industrie en plein essor malgré la crise économique

Mettre le nez ou les oreilles, serrer les paupières, aspirer la graisse, sont les souhaits les plus courants. Les professeurs établis au Brésil ne ressentent pas grand-chose de la crise économique, de la plus profonde récession depuis des décennies et de l’inflation de 10,7 %. D’après ces derniers même s’il y a une crise, les gens veulent au moins faire quelque chose pour leur bien-être. Certains d’entre eux ont déjà opéré environ 8000 nez, et ont également des clients aux États-Unis. Habituellement, beaucoup se font serrer le menton, refaire le nez et ajuster les oreilles. Cela peut âtre dû au fait que les patients se sentent mal quand ils regardent les photos, et qu’ils constatent qu’ils ont un long nez. La prestation tourne autour de 15 000 dollars. Cinq mois après l’opération : la majorité se sent tellement mieux. C’est une autre réalité, également très importante psychologiquement.

40 % des patients sont des hommes

Les opérations dans les cliniques du Brésil débutent souvent vers 8 heures du matin. À cette heure, l’expert et ses trois assistants découpent avec précision un morceau de cartilage à l’intérieur du nez qui est responsable de la courbure. Le sang est aspiré et le nez est transformé en une forme un peu plus pyramidale. Durant l’intervention, l’infirmière tient une photo avec le nez original derrière le visage de l’homme qui continue à dormir. Le nouveau nez est droit et bien formé, il devrait être satisfait.

Tout le monde n’atteint pas l’idéal de beauté

La liposuccion est également en hausse. Pas étonnant avec le culte du corps sur le Copacabana, où les joggeurs s’entassent déjà sur la plage à six heures ou font des exercices de musculation à la tête. Mais il y a aussi l’autre extrême, à savoir l’alimentation en partie très grasse. Récemment, un cimetière pour personnes obèses a ouvert ses portes avec des tombes en pierre qui peuvent théoriquement accueillir des corps pesant jusqu’à 500 kilos. D’autre part, il y a également ceux qui procèdent à l’ajustement des oreilles, trop saillantes ou inesthétiques. Généralement, ils sont mis en place avec des sutures et un laser. Le laser notamment, ressemble à un fer à souder, il sent un peu la peau brûlée. Dans les salles d’opération, les sons de grands virtuoses, tel que Mozart, se mêlent aux bips monotones qui indiquent une circulation stable.

La chirurgie plastique comme forme d’art Dans les foyers des cliniques se trouvent souvent de beaux volumes de photos. En fait, selon les praticiens, la chirurgie plastique est aussi une forme d’art. Il se veut rendre les gens plus heureux. Au Brésil, elle est traitée de manière beaucoup moins critique, les parents riches paient parfois pour la chirurgie plastique de leur fils ou de leur fille. Les femmes aiment en parler lorsqu’elles ont de nouveaux seins. Mais les hommes en parlent aussi de plus en plus ouvertement. Certaines personnes disent fièrement lors des fêtes : « je me suis fait refaire le nez ». Mais en fin de compte, cela montre aussi le type de pression sociale que crée l’engouement pour la beauté. La plage de Rio, ville olympique de 2016, ressemble à un salon de mannequins le week-end.

Au Brésil, dans une des cliniques les plus prestigieuses, toutes les demandes sont analysées avec minutie. Il peut d’ailleurs arriver que certains patients veuillent ressembler à leurs idoles. Une des demandes les plus folles, c’est celle de ressembler point pour point à Elvis Presley (les lèvres, le nez, les joues, la gorge, tout comme le roi du rock and roll). Seulement, aussi compétent soit le chirurgien, il ne peut malheureusement pas faire de miracle et faire une copie exacte.