Le défibrillateur est le matériel indiqué pour lutter contre la fibrillation ventriculaire, à l’origine de la majorité des arrêts cardiopulmonaires. Il permet d’administrer un choc électrique appelé défibrillation à la victime. Zoom sur son utilisation.

Défibrillateur : fonctionnement

Le défibrillateur est un dispositif médical d’analyse d’activité cardiaque et d’administration de choc électrique (défibrillation). Il est généralement utilisé pour ranimer une personne victime d’une défaillance cardio-respiratoire. Son fonctionnement est simple : il produit une décharge électrique pour faire redémarrer l’activité du cœur et stimuler son battement normal. 

Le défibrillateur est un équipement médical obligatoire pour tout véhicule de secours. Compte tenu de son rôle, il est désormais autorisé au grand public.

La loi n° 2018-527 du 28 juin 2018 exige la présence d’un défibrillateur externe automatisé dans tous les ERP implantés en France (établissements recevant du public). De tels équipements doivent être bien visibles et faciles d’accès. La mise en application de cette loi se fait comme suit, selon le décret n° 2018-1186 du 19 décembre 2018

– pour les ERP de cat. 1 à 3 : mise en place du dispositif au plus tard le 1er janvier 2020

– Pour les ERP de catégorie 4, le 1er janvier 2021

– Pour les ERP de catégorie 5 à savoir, les EHPAD, les gîtes et hôtels-restaurants de montagne, les gares, les établissements sportifs, les structures d’accueil aux personnes handicapées et les établissements de soins, mis en place au plus tard le 1er janvier 2022. Voir ici pour trouver le type d’appareil concerné.

Utilisation d’un défibrillateur

Ce mode d’emploi est indiqué aux adultes ainsi qu’aux enfants de 8 ans révolus pesant plus de 25 kg. Tout en pratiquant ces gestes, l’intervenant doit solliciter un passant pour appeler les secours.

– Allumer le défibrillateur et suivre les instructions visuelles et/ou audio

– Déboutonner la chemise de la victime et essuyer sa poitrine

– Brancher les fils du DEA et le connecteur (au besoin)

– Libérer l’espace en demandant à tout le monde de « se tenir à l’écart ». Cette précaution permet de s’assurer que personne ne reçoit un choc électrique en touchant accidentellement la victime

– Appuyer sur le bouton « analyser » et laisser l’appareil diagnostiquer le rythme cardiaque de la personne

– Si le DEA recommande l’administration d’un électro-choc, encore une fois, il faut s’assurer que personne n’est en contact direct avec la victime. Alors, on peut appuyer sur le bouton « choc ».

– Procéder à une réanimation cardio-pulmonaire après chaque choc. Celle-ci doit atteindre une profondeur de 5 à 6 cm pour 100 compressions par minutes. Si l’appareil ne recommande aucun choc, il faut tout de suite commencer la réanimation. Après 5 cycles, environ 2 minutes de RCP si des signes vitaux apparaissent, il faut cesser la RCP et surveiller la respiration de la victime pour déceler tout changement. Si tel n’est pas le cas, il faut reprendre l’opération.

En effet, seule une bonne RCP aide à rétablir le rythme cardiaque. À savoir que, malgré la respiration de la victime, la pulsation n’est pas encore à son rythme normal. C’est la RCP qui permet au cœur de se rétablir correctement. Sans elle, le choc peut se révéler inefficace et la victime risque perdre la vie.

Bien que le défibrillateur permette de sauver des vies, son utilisation fait l’objet de quelques précautions. En effet, il faut éviter de s’en servir dans un véhicule en mouvement. Il faut aussi veiller à éloigner les électrodes des stimulateurs (pace maker).

Les différents types de défibrillateur

Le défibrillateur se distingue en deux catégories différentes : 

– le DAE ou défibrillateur automatique externe, qui procède à l’administration d’un choc électrique automatiquement après l’analyse du rythme cardiaque. Ce dispositif est équipé d’une assistance audio visuelle pour prévenir et guider l’utilisateur à chaque étape de la réanimation.

– Le défibrillateur semi automatique, DSA qui suggère uniquement le choc électrique après analyse du tracé cardiaque de la victime. Donc, le choc n’est administré que si le secouriste appuie sur le bouton « démarrer ».

Il existe encore d’autres modèles de défibrillateurs, mais ceux-ci sont réservés à l’usage professionnel dans un centre hospitalier ou dans un cabinet spécialisé.

Bien choisir un défibrillateur

Le défibrillateur est proposé dans les magasins de vente de matériel médical sous différentes marques et modèles. Puisqu’il va être utilisé pour sauver une vie, le choix ne se fait pas au hasard. Voici les critères à prendre en compte.

Efficacité

Beaucoup de questions doivent être posées pour connaître l’efficacité d’un defibrillateur. La première est de se demander si l’appareil aide réellement dans la réanimation cardio-pulmonaire. La deuxième concerne la vitesse à laquelle il procède à l’analyse. La troisième est relative à la fonctionnalité, si celui-ci permet une surveillance en temps réel de l’activité cardiaque, s’il donne un feed-back sur la qualité de la RCP, etc.

Facilité d’utilisation

Posséder un DEA capable de faire un soin de haut niveau n’est pas suffisant. Il faut savoir le manipuler. L’appareil doit être facile d’utilisation : n’importe qui peut s’en servir sans besoin de formation. S’il est fourni avec un manuel, les instructions doivent être suffisamment claires.

Coût total du matériel

Le prix d’achat représente seulement une partie du coût du DEA. En réalité, il faut aussi tenir compte du prix des électrodes et de la batterie. Tout cela est à retrancher sur la durée de vie de l’appareil.

Le service après-vente

Avant d’acheter un DEA, il faut se renseigner sur son plan de service : les conditions dans lesquelles le fabricant ou le revendeur se déplace pour le dépannage. Il faut aussi demander si les appels de service sont facturés, si la garantie permet le remplacement à neuf…